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Ce mercredi 01 Juin 2016, les élèves des classes de 4ème A, 4ème B, 3ème B et 3ème D ont rencontré Mme Ibn Ziaten, mère de la première victime de Mohamed Merah. C’est suite à cette tragédie que Latifa Ibn Ziaten a fondé l’association « IMAD IBN ZIATEN pour la Jeunesse et pour la Paix » (http://www.association-imad.fr/), parrainée par le comédien Jamel Debbouze.

Latifa Ibn Ziaten, d’origine marocaine, commence par raconter aux élèves son arrivée en France, « dans une ville pluvieuse de Normandie », à l’âge de 17 ans, et ses efforts, couronnés de succès, pour s’intégrer dans la société française où elle a travaillé pendant plus de 20 ans dans un établissement scolaire, au service de restauration. Elle explique aux élèves que pour réussir dans la vie, « il faut donner pour recevoir en retour », autrement dit, il faut s’impliquer, agir car « personne ne viendra frapper à votre porte pour vous chercher ». Elle les invite ainsi à « mettre en route le moteur » afin qu’ils s’investissent dans leur avenir et puissent réaliser leurs rêves.

Puis elle raconte qu’un jour, alors qu’elle était en vacances en Turquie avec son époux, elle apprend par téléphone le décès de son fils Imad, jeune soldat de 30 ans, froidement assassiné par Mohamed Merah, le 11 Mars 2012. Elle rentre alors immédiatement en France et se rend sur les lieux, à Toulouse, où elle rencontre des jeunes qui clament que Mohamed Merah est un « héros », un « martyre », jusqu’à ce qu’ils découvrent l’identité de la femme qui s’adresse à eux. Ils lui expliquent alors qu’ils se sentent rejetés pas la société, qu’ils estiment que l’État français ne fait rien pour eux. Pour Latifa Ibn Ziaten, le geste de Merah n’est pas pardonnable, mais elle pense qu’il a agi ainsi parce qu’il n’a pas reçu l’amour de ses parents, qui l’ont abandonné ; se sentant rejeté, délaissé, ne parvenant pas à s’insérer dans la société, Merah est devenu une proie facile pour ceux qui lui ont lavé le cerveau et l’ont incité à tuer.

Aussi Latifa Ibn Ziaten insiste-t-elle sur l’importance du rôle des parents, mais également sur celui de tous les adultes, qui doivent « tendre l’oreille », c’est-à-dire écouter la détresse des jeunes et les aider à s’en sortir, à parvenir à se prendre en main pour réussir dans la vie. Elle invite également les élèves à la tolérance et au vivre ensemble, en leur expliquant que quelle que soit sa religion ou sa nationalité, une personne est avant tout un être humain qu’il faut respecter, qu’il faut saluer, même s’il ne vous répond pas, et à qui il faut sourire même s’il semble vous mépriser. Ce n’est qu’en adoptant cette attitude que les choses pourront changer et les barrières entre les individus tomber.

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S’ensuit un échange avec les élèves, qui lui posent des questions sur ses sentiments et ceux de sa famille suite au décès d’Imad, sur sa lutte contre la radicalisation des jeunes, sur les différents projets de son association (voyage en Israël, en Chine, …). Les élèves sont très attentifs et, pour beaucoup, émus, touchés par les paroles poignantes d’une mère qui a perdu son fils et par le message d’amour et d’espoir d’une femme qui croit en la jeunesse et en la paix. À la fin de l’intervention, certains jeunes – mais aussi plusieurs adultes – viennent lui parler en privé, l’embrasser, prendre des photos avec elle, ou encore lui demander ses coordonnées afin de lui écrire. Mme Ibn Ziaten se montre à leur écoute et accorde du temps à chacun.

Ce fut une très belle rencontre qui devrait rester longtemps gravée dans la mémoire des élèves.